La Chronique d'Elisabeth - Partie 9

Partie 9
Le jour J arriva.
C’était un mardi soir.
Après le travail, Elisabeth rejoignit Tatiana.
Elle était si stressée.
Tatiana alla s’asseoir et Elisabeth s’assit au dernier rang, puis se couvrit la tête.
L’atmosphère de l’église était différente.
Elle suivit le temps d’adoration en restant assise, ensuite vint le temps de la prédication.
Lorsque le culte toucha à sa fin, pendant la prière de clôture, Elisabeth s’éclipsa.
Le mardi suivant, elle y retourna et répéta la même chose.
Le troisième mardi, elle sortit la première à la fin de la prière de clôture, mais cette fois-ci, à la porte, se tenait le pasteur.
Il l’interpella pour la saluer.
Elisabeth, paniquée, le salua à son tour et lui dit qu’elle était désolée, mais qu’elle devait s’en aller au plus vite.
Il sourit et l’accompagna jusqu’à l’extérieur.
Il lui demanda pourquoi elle partait toujours aussi vite.
Il lui dit qu’il avait remarqué sa présence les 2 derniers mardis et qu’aujourd’hui, elle n’allait pas lui échapper.
Elisabeth n’était pas du tout à l’aise, car les fidèles commençaient à sortir.
Elle craignait qu’une quelconque personne la reconnaisse.
Le pasteur le ressentit et lui dit qu’ils parleraient une prochaine fois, et que si elle revenait, elle ne devrait plus partir sans le saluer.
C’est dans cet élan que, chaque mardi soir, Elisabeth prenait plaisir à se rendre à ces cultes.
C’était quelque chose de nouveau pour elle.
Le fait de voir, d’entendre autre chose ainsi que d’autres personnes lui faisait un grand bien.
Elle préférait être dans cette nouvelle église plutôt que de rentrer chez elle directement après le travail.
En effet, le foyer familial devenait de plus en plus néfaste pour elle : les mésententes de ses parents par rapport à l’église, les chamailleries entre elle et ses sœurs ainsi que son père qui ne voulait toujours pas lui adresser la parole, etc.
L’atmosphère était devenue étouffante pour Elisabeth.
L’ensemble de ces éléments rendait l’environnement nocif.
Les cultes du mardi et son travail étaient devenus comme une sorte d’échappatoire.
Elle passait 40 heures de son temps à son travail et occupait un poste actif qui ne lui permettait pas de trop y penser.
Son lieu de travail étant très éloigné de la maison, cela la coupait de sa réalité.
Et lorsqu’elle rentrait chez elle, il était déjà assez tard, ce qui lui évitait les confrontations avec son père.
En septembre 2016, il y eut deux événements importants : l’anniversaire de l’église ainsi que le mariage coutumier de l’une de ses sœurs.
Elisabeth ne participa pas à l’anniversaire de l’église.
Elle était assise dans l’auditoire, au fond comme depuis maintenant quelques semaines.
Après la célébration, elle ne prit pas part aux festivités, rentra chez elle et s’enferma dans sa chambre.
Le jour du mariage de sa sœur, chacun mit de l’eau dans son vin et la fête se passa comme si de rien n’était.
Tout le monde était heureux et personne ne remarqua quoi que ce soit.
D’ailleurs, ils firent des photos de famille, Elisabeth fit des photos avec son père, publia des stories sur ses réseaux sociaux, le flatta comme à son habitude et fit semblant également devant ses invités.
Désormais, au sein du foyer familial, il n’y aurait plus qu’Elisabeth, sa petite sœur et ses parents.
Le cauchemar d’Elisabeth s’intensifia en cette fin d’année 2016, car elle ne portait plus d’intérêt pour l’église de son père.
Le comportement de ce dernier lui semblait de plus en plus inquiétant et mystérieux.
Manque de chance pour lui, l’enfant choisie était très éveillée et rien ne lui échappait…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice