Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 7

5 min de lecture
La Chronique d'Elisabeth - Partie 7

Partie 7

La relation père-fille entre Elisabeth et son père se détriorait à petit feu.

Leur relation était devenue instable puisque son père ne lui parlait qu’en cas de besoin. Elisabeth vivait mal cette situation et forçait souvent le dialogue.

Elle cherchait à le flatter, l’appelait, se montrait disponible pour lui malgré le fait que ce dernier lui faisait des misères. Elisabeth avait beau cacher son mal-être, cela se voyait de jour en jour.

Un jour, à la fin du culte, un frère vint la saluer et lui demanda si elle allait bien. Elle acquiesça, et ce dernier lui dit qu’elle paraissait triste durant l’adoration.

Le dimanche suivant, une sœur vint la saluer à la fin du culte. Elle lui demanda si ça allait. Elle lui répondit que oui. Puis, cette sœur lui dit également qu’elle paraissait triste.

Ce qu’ils disaient était vrai : Elisabeth avait beaucoup de chagrin et ignorait que cela se voyait autant.

La même semaine, elle prit la décision de ne plus servir à l’église. Elle en avait marre de faire semblant. Elle refusait de dégager un sentiment de tristesse devant l’assemblée. Elle estimait qu’elle n’avait plus rien de bon à donner, ni à communiquer. Selon elle, il fallait qu’elle se mette désormais en retrait.

Elle fit part de cela à sa mère. Sa mère ria tout doucement et lui dit simplement qu’elle était « folle ».

En effet, Elisabeth savait que cette décision semblait irréalisable à exécuter. Quoi qu’il en soit, elle était déterminée. Elle raconta à sa mère ce que le frère et la sœur lui avaient communiqué successivement.

Elle expliqua à sa mère qu’elle ne se sentait pas bien, qu’elle avait besoin de prendre du recul et de réfléchir.

Elisabeth se sentait hypocrite vis-à-vis de son Dieu par rapport à tout ce qu’il se passait avec son père. Sa mère lui conseilla d’avoir une discussion avec lui.

Chose qu’Elisabeth tentait de faire depuis des mois, mais cela s’avérait presque impossible. Il n’avait jamais le temps, ni au bureau de l’église, ni à la maison.

Le père d’Elisabeth la fuyait.

Elle avait essayé maintes et maintes fois d’entamer une conversation, mais c’était peine perdue. Même lors des repas, elle tentait de lui parler, mais ce dernier lui répondait d’un ton agressif :

« Mais Elisabeth, je mange, tu ne le vois pas ? On parlera plus tard ! »

Et ce plus tard n’avait bien évidemment jamais lieu.

Néanmoins, le père d’Elisabeth avait bel et bien du temps pour ses fidèles. Au téléphone ou dans son bureau… du temps, il en avait pour eux et non pour Elisabeth.

Sa mère le savait très bien et elle le voyait. « Ne pas avoir le temps pour ses enfants » était un sujet de discorde entre les deux parents. Le père d’Elisabeth accordait plus d’attention aux problèmes de son église qu’aux problèmes de sa maison.

Le samedi arriva, Elisabeth ne se présenta pas à la répétition. Et en fin de journée, lorsque son père rentra, il lui demanda pourquoi elle s’était absentée. Elle lui répondit qu’elle ne se sentait pas bien.

Le lendemain, contrairement à son habitude, Elisabeth s’assit au fond de la salle. Ce qui ne passa pas inaperçu auprès de l’auditoire. De son côté, Elisabeth s’en fichait.

La semaine suivante, elle fit de même et ne se rendit pas à la répétition. Sa mère et ses sœurs la dévisageaient, mais Elisabeth s’en moquait.

Au fond d’elle, elle voulait simplement que son père réagisse, elle décida donc de l’affronter. Elle savait que son attitude l’interpellerait.

À la fin du culte, Elisabeth se fit gronder par sa mère, et cette dernière lui dit qu’elle n’était qu’une simple provocatrice cherchant encore et toujours des problèmes.

Sa décision était prise : elle ne servirait plus à la chorale de l’église.

De retour au domicile familial, le père d’Elisabeth la menaça en lui disant qu’elle avait intérêt à être présente le samedi suivant et à servir le dimanche, car il n’avait pas le temps pour ses caprices.

Une fois de plus, il ne s’intéressait pas à ce que ressentait sa fille, mais cherchait plutôt les intérêts de son église.

Elisabeth s’attendait à ce qu’il s’intéresse aux raisons de ces agissements et qu’il puisse ouvrir le dialogue. Mais rien n’y faisait, son père ne l’entendait pas de cette oreille.

En parallèle, les membres de la chorale lui envoyaient des messages afin de connaître les raisons de son absence, mais Elisabeth les orientait vers le pasteur de l’église.

Elle ne voulait plus être concernée par ce qui se passait au sein de la chorale.

Étant donné que son attitude déplaisait, les membres de la famille d’Elisabeth ne lui adressaient plus la parole. Sauf sa mère, qui ne cessait de la reprendre et de la mettre en garde.

En réalité, sa mère avait peur pour elle, car son père avait la fâcheuse tendance à l’accuser lorsqu’un problème concernant Elisabeth se présentait.

C’était un comportement qu’Elisabeth ne supportait pas puisqu’à ses yeux, la source du problème était son père.

Mais ce dernier ne voyait aucunement le mal qu’il causait au sein de son foyer.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice