Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 60

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 60

Partie 60

Lorsque le père vit les pompiers entrer dans le salon, il fut saisi d'une folle colère. Il se leva, empoigna Elisabeth par les épaules et la secoua en disant, d'une voix tremblante :

« Je t'avais dit de ne pas les appeler ! »

L'un des pompiers s'écria :

« On se calme, Monsieur. Elle a très bien fait de nous appeler ! »

Tandis qu’une pompier installait le masque à oxygène sur le visage de la mère, cette dernière fut immédiatement soulagée.

Elisabeth, rassurée, leur demanda de partir avec elle immédiatement.

Le père s'y opposa, et c'est ainsi que commença un long moment de négociation entre Elisabeth et son père.

Un des pompiers décida d’intervenir :

« Monsieur, on ne va pas la tuer, votre femme ! Pourquoi êtes-vous aussi obstiné ? Ce qui est sûr, c'est qu'elle sera mieux à l'hôpital qu'ici. Ne voyez-vous pas combien elle souffre ? »

Elisabeth était désespérée, choquée, outrée, dans une totale incompréhension face à une telle opposition.

Comment pouvait-il avoir le cœur aussi dur ? Être aussi insensible ? Inconscient ? Manquer à ce point de bon sens ?

Elle continua de s'opposer fortement à son père, mais le pompier lui expliqua qu'ils avaient « l'obligation d'avoir l'aval du mari étant donné que la mère était incapable de s'exprimer. »

Elisabeth leur demanda alors de ne pas prendre en compte la décision de son père, car il n'était pas dans son état normal, lui-même étant au plus mal.

C'est à ce moment que la sœur d'Elisabeth, présente dans la pièce, s'écria, désespérée :

« Papa ! Laisse-la s'en aller, je t'en supplie ! »

Son cri d'angoisse figea la pièce. Un silence lourd s'installa. Le père se leva, s'assit face à son épouse, lui prit les deux mains et la regarda droit dans les yeux.

Elle le fixa et lui fit un signe de la tête pour lui faire comprendre de la laisser partir.

L'un des pompiers demanda :

« Alors, c'est bon ? »

Le père acquiesça en hochant la tête.

C’est ainsi que les pompiers s’empressèrent de partir avec la mère.

Elisabeth se joignit à eux et passa la nuit entière, seule aux urgences, rongée par l'angoisse.

C'est ainsi que débuta l'horrible parcours des « Quarante-deux jours en Réanimation ».

— Merveille Grâce Lutete

Autrice