Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 6

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 6

Partie 6

Lorsque le père d’Élisabeth ouvrit la porte, il la traîna jusqu’au salon, referma violemment derrière lui et la força à s’asseoir.

Élisabeth comprit immédiatement qu’elle allait passer un très mauvais quart d’heure.

Son père lui hurla dessus, frappait du poing et secouait violemment sa fille.

Elle tremblait, totalement apeurée.

Son visage était très proche du sien, il la regardait droit dans les yeux.

Élisabeth avait tellement peur qu’elle baissait la tête, mais son père lui ordonnait :

« Regarde-moi ! »

Il la réprimanda sévèrement, l’injuria et la menaça en lui disant que la prochaine fois, il lui ferait « une chose tellement énorme qu’elle le regretterait » si elle osait encore défier son autorité.

Il ajouta ensuite que si elle continuait à aller « ramasser des démons dehors », il n’aurait plus aucun intérêt pour elle…

Puis il conclut qu’elle ferait mieux d’avoir peur de lui, car elle « ignorait ce dont il était capable ».

La mère d’Élisabeth en prit également pour son grade.

Elle ne disait pas un mot.

Elle restait complètement figée.

Élisabeth fut consternée par les propos de son père à l’égard de sa mère.

Il était persuadé qu’elle savait où sa fille était allée et qu’elle ne lui avait rien dit.

Tétanisée, Élisabeth se demanda si elle avait réellement commis quelque chose de grave.

Elle était complètement perdue.

Son père lui ordonna ensuite de quitter le salon.

La gorge nouée, tremblante de tout son corps, elle était incapable de se lever.

Et surtout, elle ne voulait pas laisser sa mère seule dans cette pièce.

Traumatisée, Élisabeth ne ferma pas l’œil de la nuit.

Elle pleura, gémit, tourna sans cesse dans son lit, se demandant encore et encore ce qui venait de se passer.

Qu’avait-elle fait de si grave ?

De si condamnable pour mériter cela ?

Les paroles de son père étaient si dures, si brutales.

Était-ce bien son père qui avait manifesté autant d’agressivité envers elle et sa mère ?

Elle ne le reconnaissait pas.

Ne devait-il pas éprouver de la joie en voyant que sa fille avait rencontré le Christ ?

Qu’elle ne sortait pas pour faire des bêtises ?

Ne devait-il pas être rassuré de savoir qu’elle se confiait à sa mère ?

Élisabeth n’était pas dans les cachotteries et ne fréquentait pas de mauvaises personnes.

De plus, elle était toujours à l’église à ses côtés.

Elle ne faisait rien de mal pourtant.

Qu’est-ce qui pouvait bien pousser son père à une telle obstination ?

Ne lui faisait-il pas confiance ?

Pourquoi vouloir la surprotéger de manière aussi excessive ?

Un grand nombre de questions traversaient l’esprit d’Élisabeth.

Elle fut envahie par un profond sentiment de culpabilité, mais aussi d’amertume, de peur et d’appréhension.

Elle ne savait plus quoi penser, ni quoi faire.

Ce qui l’attristait par-dessus tout, c’était la manière dont il avait parlé à sa mère, alors qu’elle n’avait rien fait…

En allant sur les réseaux sociaux, elle remarqua que sa petite sœur avait regardé ses stories.

Elle comprit alors qu’elle avait été dénoncée.

Sa petite sœur, d’ailleurs, était restée très silencieuse et n’avait pas quitté sa chambre.

Cet événement marqua le début d’une longue période de souffrances, de persécutions et de maltraitances infligées à Élisabeth.

L’enfant lumière devint finalement la cible à abattre.

Le foyer familial se transforma alors en un véritable champ de bataille opposant Élisabeth aux autres membres de sa propre famille.

La résilience deviendrait alors, pour toujours, sa plus fidèle alliée.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice