La Chronique d'Elisabeth - Partie 59

Partie 59
Les parents refusaient catégoriquement de se rendre à l’hôpital.
Son père souffrait déjà depuis quelques jours et était contagieux.
Élisabeth tenta d’en discuter avec ses sœurs, mais celles-ci refusaient de contredire la volonté de leurs parents. Elles préféraient les garder à la maison et s’occuper d’eux elles-mêmes.
C’est ainsi que, jour après jour, leur état s’aggravera.
La situation était particulièrement délicate et difficile à gérer pour Élisabeth, qui habitait loin de ses parents et travaillait.
De plus, le dialogue avec ses sœurs était compliqué, car elles ne partageaient pas le même point de vue qu’elle.
Néanmoins, Élisabeth finit par se soumettre à leur volonté et renonça, pour le moment, à appeler les pompiers.
Durant la journée du 30 août 2021, l’une des deux sœurs présentes auprès des parents décida finalement de faire venir les pompiers afin qu’ils puissent les consulter.
Après les avoir examinés, les pompiers leur expliquèrent qu’il était impératif de les emmener à l’hôpital.
Mais les parents refusèrent de nouveau.
Lorsque sa sœur transmit l’information à Élisabeth, celle-ci contacta immédiatement une amie infirmière. Elle lui expliqua la situation et lui proposa de se rendre avec elle chez ses parents afin d’essayer de faire bouger les choses.
En fin de journée, les deux femmes se rejoignirent et se rendirent chez les parents.
À la grande surprise d’Élisabeth, son père semblait aller mieux.
En revanche, l’état de sa mère s’était considérablement dégradé.
En la voyant dans cet état, Élisabeth s’empressa de la porter sur son dos et de l’allonger sur le canapé du salon.
Son amie infirmière la regardait avec insistance, lui faisant clairement comprendre qu’il était urgent d’agir.
Élisabeth comprit immédiatement le message.
Elle remercia son amie, qui finit par repartir.
Dès qu’elle fut partie, Élisabeth prévint son père :
« Je vais appeler les pompiers. Ils vont venir vous chercher. » dit-elle d’un ton ferme.
Son père refusa catégoriquement.
Il la fixa d’un regard dur, presque menaçant.
Pendant ce temps, sa mère ne cessait de vomir, rejetant des quantités impressionnantes de liquide.
Elle respirait avec une telle difficulté que l’on pouvait voir ses côtes se soulever à chacun de ses efforts.
Un sifflement accompagnait chacun de ses mouvements respiratoires.
Elle était en détresse respiratoire.
Élisabeth comprit alors que ses poumons étaient probablement atteints.
Prise de panique, elle attrapa sa sœur et l’emmena dans la cuisine.
Elle se mit à lui crier dessus, lui reprochant de ne pas s’opposer à la volonté de leurs parents malgré la gravité évidente de leur état.
Culpabilisée, sa sœur se mit à pleurer.
Elle finit par lui avouer :
« Papa nous a formellement interdit d’appeler les pompiers. »
Élisabeth comprit immédiatement.
Ses sœurs ne semblaient pas mesurer la gravité de ce qui était en train de se produire. Elles étaient complètement sous l’emprise de leur père et de sa volonté.
Cette fois, Élisabeth décida d’agir seule.
Elle contacta elle-même les pompiers.
Mais ceux-ci refusèrent dans un premier temps de se déplacer.
Ils lui expliquèrent qu’ils étaient déjà venus plus tôt dans la journée et que les parents avaient refusé de se rendre à l’hôpital. Ils leur avaient même fait signer une décharge dans le cas où quelque chose leur arriverait.
Élisabeth leur expliqua alors qu’elle n’était pas présente lors de leur première intervention et qu’elle venait tout juste d’arriver.
Elle leur décrivit précisément l’état de sa mère, insistant sur la gravité de la situation.
Elle leur précisa également qu’elle connaissait la gravité d’une telle détresse respiratoire puisqu’elle avait travaillé dans le milieu médical.
Aussitôt, l’interlocutrice comprit l’urgence.
« D’accord, Madame. Nous arrivons tout de suite ! »
Très rapidement, les pompiers arrivèrent.
Élisabeth se précipita pour leur ouvrir et les fit entrer à toute vitesse.
Ils découvrirent alors sa mère dans un état déplorable.
Après avoir été confrontée à l’état physique de son père quelques jours plus tôt, Élisabeth faisait face à un deuxième traumatisme.
Un deuxième choc.
Une deuxième image qu’elle allait garder gravée en elle.
Elle n’oublierait jamais ce jour.
Elle n’oublierait jamais cette image…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice