La Chronique d'Elisabeth - Partie 57

Partie 57
Le 28 juillet 2021, Élisabeth commit encore une fois l’erreur de vouloir faire une surprise à son père pour son anniversaire.
Ce matin-là, elle se rendit dans un supermarché et acheta un gros gâteau aux fruits afin de lui faire plaisir.
Lorsqu’elle arriva chez ses parents, elle aperçut sa mère dans l’une des chambres, vêtue d’un pagne et assise sur le lit. Elle constata qu’elle avait encore rasé sa tête. Son visage, déjà très amaigri, en ressortait davantage marqué.
Voir sa mère dans cet état découragea profondément la jeune femme. Elle la salua simplement, puis rejoignit son père dans la cuisine.
Toute joyeuse, elle lui souhaita un joyeux anniversaire en lui montrant le gâteau qu’elle venait de lui acheter.
Touché par cette attention, il sourit, la remercia et lui expliqua qu’il ne pourrait pas le couper avant le soir, car il était dans une période de « jeûne et prière ».
Élisabeth lui répondit qu’elle ne pourrait cependant pas rester, mais qu’il n’aurait qu’à le partager avec ses sœurs si elles venaient le soir.
Après cet échange, ils commencèrent à discuter naturellement. Puis, brusquement, son père changea de ton et reprit Élisabeth sur un sujet qui n’avait aucun rapport avec leur conversation.
Il lui reprocha d’avoir confié le manuscrit de son livre à l’une de ses tantes maternelles, une tante avec qui il avait pourtant interdit à ses enfants d’entretenir des relations.
Étonnée, Élisabeth ne comprit pas ce changement soudain d’humeur et de sujet. D’ailleurs, comment était-il au courant ? Sûrement une de ses sœurs lui en avait parlé car seules elles et sa mère étaient au courant.
Elle refusa d’entrer dans le conflit et lui rappela qu’elle était venue en paix, simplement pour lui apporter son gâteau d’anniversaire.
Mais son père, déterminé à poursuivre la confrontation, continua à l’offenser par ses paroles.
Lorsqu’il comprit qu’elle refusait de répondre à ses provocations, il lui dit qu’elle pouvait repartir avec son gâteau, car il ne le mangerait pas.
Puis il finit par lui dire :
« Tu n’es qu’une traîtresse et tu n’es pas avec moi. »
À cet instant, Élisabeth se sentit profondément ridicule. Intérieurement, elle se dit :
« Mais qu’est-ce que tu es stupide ! Pourquoi veux-tu toujours qu’il t’humilie ? »
Elle ressentait depuis longtemps un manque d’affection paternelle et recherchait constamment l’attention de son père. Pourtant, à chaque tentative, elle s’exposait davantage à ses blessures, car lui ne répondait jamais favorablement à ses attentes.
Elle continuait malgré tout à croire, désespérément, qu’il pourrait changer et enfin la considérer autrement. Mais son père ne semblait pas disposé à l’entendre ainsi.
Prise de colère et épuisée par toutes ces années de souffrance, Élisabeth décida alors de confronter son père à sa propre réalité.
Elle le regarda droit dans les yeux et lui dit d’un ton ferme :
« Oui, je ne suis pas avec toi, parce que tu es bizarre et méchant.
D’ailleurs, si cette famille est brisée et que nous allons tous mal, c’est de ta faute !
Ne vois-tu pas que nous allons tous mal ?
Ne vois-tu pas que tu nous rends la vie difficile depuis plusieurs années ?
Tu trouves que l’état de maman est normal ? […] »
Stupéfait, son père la regarda et lui répondit :
« Tu sous-entends que je vous ai maudits ? Élisabeth, ma fille, comment peux-tu dire une telle chose de moi ? Jamais, jamais je ne pourrais vous vouloir du mal… »
Étonnamment, il se positionna alors comme une victime.
Élisabeth lui répondit qu’elle n’avait jamais parlé de « malédiction », mais que c’était lui-même qui avait employé ce mot, ce qui signifiait qu’il savait parfaitement ce qu’il faisait.
Après cela, son père se mit à hurler sur elle. Élisabeth prit alors ses affaires et alla voir sa mère.
À bout de souffle, elle la regarda avec désespoir et lui dit :
« Maman, j’ai toujours été bien avec vous malgré tout ce que vous m’avez fait. Je suis encore là malgré tout ce que vous me faites. N’avez-vous pas pitié de moi ? Maman, je suis votre enfant ! J’ai le cœur pur, tu le sais. Si Dieu existe réellement, un jour Il vous le montrera et me justifiera, parce que je ne mérite pas tout cela. Maman, je suis fatiguée… Je suis désolée, je m’en vais. »
« Toi, le cœur pur ? » s’exclama son père.
Il se mit à rire, puis continua :
« Va-t’en avant que tu ne m’obliges à dire des choses qui risquent de dépasser mon entendement et que je n’assumerai pas. »
La mère d’Élisabeth s’écria :
« Élisabeth, ne t’en vas pas ! »
Mais la jeune femme avait déjà franchi la porte lorsque son père hurla :
« Qu’elle s’en aille ! »
C’est en larmes qu’Élisabeth rejoignit son véhicule. À cet instant, son téléphone se mit à sonner : c’était sa mère.
Abattue et bouleversée pour elle, Élisabeth décrocha.
Au bout du fil, elle entendit sa mère pleurer et la supplier de revenir, de ne pas la laisser seule…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice