Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 52

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 52

Partie 52

La mère d’Élisabeth vivait assez mal l’absence de sa fille.

Son départ soudain lui fit réaliser à quel point elle ne protégeait pas suffisamment ses enfants.

Malgré son absence, le père continuait de calomnier Élisabeth et de la mettre mal à l’aise lors des rares fois où elle était présente.

Il lui en voulait d’avoir publié un livre sans l’en avoir informé au préalable. La mère, quant à elle, ne supportait plus cet acharnement envers sa fille.

Les conflits commencèrent alors à s’accentuer entre les deux parents.

Elle se confiait à Élisabeth, lui partageant ses peines et ses douleurs…

Cependant, Élisabeth prenait beaucoup de recul face à la situation. Elle ne se rendait chez ses parents que pour des besoins ponctuels et pour voir sa mère.

Cette dernière appréciait sa compagnie et l’incitait souvent à venir, lui préparant des plats ou des gâteaux.

Ces petites attentions traduisaient en réalité une profonde culpabilité : elle avait peur de perdre sa fille et regrettait tout ce qu’il s’était passé auparavant.

Élisabeth le remarquait bien et ressentait une grande compassion pour sa mère, qui semblait sincèrement malheureuse.

Lorsque le confinement arriva, Élisabeth passa la première semaine chez ses parents, en compagnie de ses sœurs, pour le plus grand bonheur de sa mère.

Constatant que l’atmosphère était plutôt agréable, elle décida de prolonger son séjour d’une semaine. Cependant, elle ne put aller au bout de cette décision : son père créa une situation qui contraignit Élisabeth à retourner dans sa nouvelle colocation.

Cette colocation était composée d’un couple, d’une femme d’une quarantaine d’années et d’Élisabeth.

Chacun disposait de sa propre chambre et partageait la cuisine ainsi que les sanitaires.

Dès le début, elle comprit que cette expérience serait différente des précédentes : ses colocataires étaient plutôt fermés et ne communiquaient pas avec elle.

Ils donnaient l’impression d’être mécontents de sa présence. Elle se sentait de trop.

Élisabeth se faisait donc discrète et, durant le reste du confinement, elle s’enferma dans sa chambre, ne sortant que de temps à autre, presque clandestinement, pour se rendre chez sa sœur qui vivait non loin.

Fin juin 2020, Élisabeth reprit une activité professionnelle.

Elle partait tôt le matin et rentrait tard le soir. Elle commença alors à croiser plus fréquemment l’un de ses colocataires, que nous appellerons Cédric, dont la compagne était enceinte.

Le matin, en sortant des sanitaires, elle le croisait régulièrement. Était-ce une coïncidence ? Cela se répéta de nombreuses fois.

Un jour, Élisabeth eut l’impression qu’il attendait devant la porte.

Une autre fois, il tenta d’ouvrir la porte de la salle de bain alors qu’elle était à l’intérieur, avant de prétendre que ce n’était pas volontaire, affirmant qu’il était « pressé ».

Peu à peu, son comportement devint inquiétant. Élisabeth décida alors de toujours fermer sa porte à clé, en entrant comme en sortant.

Un soir, alors qu’elle faisait sa vaisselle dans la cuisine, il vint la saluer, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant.

Une autre fois, il tenta d’engager la conversation, mais Élisabeth était au téléphone. Il finit par repartir.

À partir de ce moment-là, elle s’arrangea toujours pour être au téléphone lorsqu’elle se trouvait dans les espaces communs, allant même jusqu’à faire semblant.

Un dimanche matin, alors qu’elle se rendait à l’église du Berger pour le culte, il la rejoignit sur le parking.

Il lui dit qu’elle était ravissante et lui demanda où elle se rendait.

Gênée, et craignant que sa compagne ne les aperçoive, Élisabeth jetait des regards en direction de leur fenêtre donnant sur le parking.

Il lui proposa alors d’aller boire un verre afin de faire plus ample connaissance.

Élisabeth rit, secoua la tête et prit la route.

Le jour même, elle contacta le propriétaire de l’appartement, avec qui elle entretenait de bonnes relations, et lui raconta la scène.

Elle comprenait que Cédric profitait de la grossesse de sa compagne pour tenter de se rapprocher d’elle.

Cette situation ne lui convenait absolument pas. Elle savait que sa compagne ne l’appréciait pas et voulait éviter tout conflit.

Elle demanda donc au propriétaire de s’entretenir avec lui afin qu’il la laisse tranquille.

Dans le cas contraire, elle s’en chargerait elle-même, quitte à ce que cela ait des répercussions.

En prévenant le propriétaire, elle se protégea et elle fit bien, car Cédric ne s’arrêta pas là…

— Merveille Grâce Lutete

Autrice