Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 48

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 48

Partie 48

Elisabeth et Martha, la propriétaire de la deuxième colocation, se lièrent très vite d’amitié.

Elisabeth avait beaucoup d’affection pour sa fille. Elle la gardait et l’emmenait partout avec elle, puisque Martha travaillait énormément.

Tout comme avec Lucienne, la colocation se transforma rapidement en véritable cohabitation.

Martha, qui était très croyante, joua un grand rôle durant cette période dans la vie d’Elisabeth.

Cependant, contrairement à Lucienne, elle ne lui donna pas les raisons de sa situation, afin de protéger le cœur et la foi de celle-ci.

Pendant ce temps, Elisabeth avait bien avancé dans son projet et reçut sa première livraison de livres chez ses parents.

C’était un samedi matin.

Lorsque le livreur arriva, son père était le seul présent.

Lui qui n’était pas au courant qu’Elisabeth avait écrit un livre fut étonné de voir autant de cartons.

La jeune femme, submergée par l’émotion, poussa un cri de joie. Elle se hâta de sortir son téléphone et, toute excitée, filma la livraison.

L’agitation d’Elisabeth interpella son père, qui lui demanda ce que contenaient les cartons.

Mais elle ne répondit pas et fondit en larmes.

Elle ouvrit un carton, s’empara d’un paquet de livres et éclata en sanglots lorsqu’elle vit son visage sur la première de couverture.

Son père, ne comprenant toujours pas ce qu’il se passait, prit à son tour un exemplaire et demanda :

« C’est toi qui as fait ça ?! »

Elisabeth acquiesça en hochant la tête.

Hébété, il se mit à feuilleter le livre, puis regarda sa fille :

« Mais… tu as fait ça quand ? Tu as fait ça seule ? Mais… c’est beau, Elisabeth ! »

La jeune femme, stupéfaite par la réaction de son père, pleura davantage. Elle n’était même plus en mesure de parler.

L’émotion était trop forte.

Elle n’y croyait pas. Elle l’avait fait. Elle avait réussi.

En quelques mois, elle y était parvenue.

Dans son esprit défilaient tous les souvenirs vécus dans ce même appartement.

En quelques secondes, elle revivait toutes les paroles qu’elle avait entendues, tout ce qu’elle avait traversé depuis qu’elle avait quitté le foyer familial.

Et la voilà, à cet instant précis, aux côtés de ce père qui avait tant déclaré que sa vie serait vouée à l’échec.

C’était en ce même lieu que sa justice était en train de s’accomplir.

Le père d’Elisabeth reposa le livre et s’en alla dans le salon…

Elle finit par le rejoindre, le livre à la main, ne cessant de pleurer.

Ces larmes étaient le reflet du cri de son âme, car tout ce qu’elle ressentait à cet instant ne pouvait s’exprimer par des mots.

La voyant ainsi, son père fut confus.

Il ne sut comment la consoler.

Alors, il la laissa là… et retourna dans sa chambre.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice