Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 47

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 47

Partie 47

Le lendemain matin, Elisabeth appela son père afin de lui souhaiter son anniversaire.

À sa grande surprise, il se montra réceptif.

Cependant, après l’avoir remerciée, il ajouta simplement :

« Tu sais, aujourd’hui c’est dimanche… Je t’attends toujours à l’église. »

Blasée, Elisabeth ne répondit pas. Elle fit comme si elle n’avait rien entendu.

Ils mirent fin à l’appel cordialement.

Elle fut profondément déçue. Rien d’autre ne semblait intéresser son père, si ce n’était son « église ».

Il n’avait même pas cherché à savoir comment elle allait, ni où elle avait vécu pendant tout ce temps.

Face à cette réalité, la jeune femme finit par se résigner.

Un matin, très tôt, Elisabeth dut exceptionnellement se rendre chez ses parents pour récupérer son courrier.

Au moment où elle entrait dans l’immeuble, son père en sortait.

Dès qu’elle le vit, elle se jeta instinctivement dans ses bras.

Lui, encore au téléphone, posa brièvement les yeux sur elle, esquissa un sourire timide, puis continua son chemin.

Aucun mot ne fut échangé.

Elisabeth resta figée un instant. Elle remarqua qu’il avait énormément maigri, son visage s’était creusé.

Malgré la douleur qu’il lui infligeait, elle l’aimait profondément.

À partir de ce jour, elle recommença à lui rendre visite de temps en temps. Mais elle ne restait jamais longtemps.

Sa mère, elle, vivait cette situation très difficilement…

Elisabeth passa six mois dans sa colocation chez Lucienne.

Bien qu’elle s’y sente bien, elle ne put renouveler son bail. La propriétaire devait augmenter le loyer, et Elisabeth n’était pas en mesure d’assumer cette hausse, étant pleinement investie dans la préparation de son projet littéraire.

Malgré tout, leur relation resta intacte.

Lucienne continua de l’encourager et, quelques mois plus tard, elle sera même présente lors de la dédicace de son livre.

Avec une certaine providence, Elisabeth trouva une nouvelle colocation, dans la même ville, cette fois chez une autre jeune maman célibataire.

Un chapitre de sa vie se refermait…laissant place à un autre.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice