Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 41

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 41

Partie 41

Elisabeth était officiellement installée.

Lucienne était une mère célibataire vivant avec sa fille de deux ans, Pauline.

Les premiers jours de cohabitation furent compliqués pour Elisabeth : renfermée, elle ne communiquait quasiment jamais.

De son côté, Lucienne sortait très tôt le matin, déposait Pauline à la crèche, puis partait travailler.

Durant la journée, Elisabeth profitait pleinement de l’espace et, dès que Lucienne rentrait, elle allait se cloîtrer dans sa chambre.

De ce fait, les colocataires ne se voyaient presque pas.

Néanmoins, elles échangeaient uniquement par messages en cas de besoin.

Les week-ends, Elisabeth passait ses journées dans sa chambre et n’en sortait qu’une fois la mère et la fille couchées.

Elle se rendait rarement dans la cuisine et n’allait jamais dans le salon… Elle ne sortait de sa chambre que pour aller aux toilettes et allait même jusqu’à prendre ses douches durant la nuit.

Finalement, le mode de vie qu’elle avait adopté durant ses derniers mois chez ses parents l’avait suivie jusqu’ici.

Cependant, Lucienne n’appréciait pas cette attitude et ne tarda pas à le faire savoir à Elisabeth. Elle lui rappela le but et la nécessité de la cohabitation.

Par conséquent, si Elisabeth ne se conformait pas aux règles, le contrat serait rompu.

La jeune femme fit alors des efforts en affrontant ses traumatismes. Elle avait tendance à s’effacer, car elle avait l’impression de déranger et se sentait de trop.

La cohabitation ne faisait pas partie de ses projets de vie, et elle le vivait très mal… C’était un échec pour elle. Elisabeth avait l’impression que les membres de sa famille avaient gagné, qu’ils avaient eu raison d’elle… Elle ne se sentait pas à l’aise chez Lucienne.

Elle devait donc s’adapter et accepter.

Malheureusement, Lucienne ne pouvait pas comprendre ce qu’Elisabeth avait vécu.

Néanmoins, le fait d’être sortie du foyer familial lui permit de retrouver une certaine liberté d’esprit, physique, mentale et morale.

Elle ne vivait plus dans la peur ni dans l’appréhension constante et n’était plus « conditionnée ».

Elisabeth parvenait désormais à mieux réfléchir, et c’est alors qu’elle réalisa à quel point elle avait totalement perdu confiance en elle…

— Merveille Grâce Lutete

Autrice