La Chronique d'Elisabeth - Partie 35

Partie 35
Il s’en était passé, des choses, tout au long de cette année 2018.
Elisabeth avait fait face à d’énormes difficultés durant cette année éprouvante.
Elle avait entendu tant de mauvaises paroles.
Les persécutions sans fin, qui duraient depuis 2015, l’avaient anéantie.
Tous ces chocs et traumatismes accumulés avaient provoqué en elle de profondes blessures.
L’hémorragie interne qui émanait de son cœur, un écoulement de sang invisible, non extériorisé, la conduirait sans doute vers la mort.
À travers ce qui venait de se passer ce soir-là, Elisabeth réalisa qu’elle avait perdu tout contrôle.
Ce sang-froid et cette maîtrise d’elle-même dont elle avait fait preuve jusqu’à présent avaient disparu.
Elle avait complètement changé. Elle n’était plus la même.
La haine et la colère envahissaient son âme.
Sa souffrance la rongeait et la tuait, doucement mais sûrement…
Ce soir-là, sa grande sœur l’emmena chez elle, où elle passa la nuit.
Elisabeth entendit une conversation téléphonique entre son aînée et leur père.
La jeune maman expliquait qu’il serait préférable qu’Elisabeth s’installe chez elle et ne remette plus les pieds dans la maison familiale, au vu de son état.
Mais Elisabeth n’était pas du même avis.
Cela ne réparerait rien. Cela ne changerait rien.
Pour elle, ils étaient tous responsables, car tout cela aurait pu être évité.
Si seulement sa sœur avait pris la parole plus tôt…
Elle en avait eu des occasions, lors de ces nombreuses réunions familiales.
Mais pour Elisabeth, il était trop tard.
Ils l’avaient perdue. Elle était irrécupérable.
La jeune femme se sentait étouffée et ne put fermer l’œil de la nuit.
Cependant, la présence de son neveu l’apaisa…
Le lendemain soir, elle annonça à sa sœur qu’elle ne resterait pas chez elle.
Cette dernière lui demanda où elle comptait aller, et Elisabeth répondit :
« Ne t’inquiète pas pour moi. Je vais disparaître, puisque c’est ce que vous vouliez.
Cela ne sert à rien de me chercher. »
Elle prit ses affaires (celles que sa sœur avait récupérées la veille) et s’en alla.
Étant venue avec sa propre voiture, elle n’eut aucun mal à partir.
Elle finit par contacter une de ses amies et lui cria son désespoir.
Cette dernière lui proposa de venir chez elle, mais Elisabeth refusa.
Tétanisée par la trahison de l’Envoyée (qui l’avait déjà hébergée quelques mois auparavant) elle ne voulait plus se rendre chez qui que ce soit.
Encore moins chez les membres de sa famille, car personne ne semblait comprendre ce qu’elle vivait.
C’est ainsi qu’elle se mit à rouler toute la nuit,
sans savoir où aller, ni quoi faire…
Elle se sentait seule, rejetée, mal-aimée, au point de ne vouloir faire face à aucun être humain.
Elle resta dans sa voiture plusieurs jours,
et le froid finit par avoir raison d’elle…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice