La Chronique d'Elisabeth - Partie 32

Partie 32
Après plusieurs jours d’absence et de silence, quelques membres de la deuxième Assemblée se mirent à chercher Élisabeth, car son départ avait été soudain et brutal.
Un diacre et un évangéliste de cette assemblée l’avaient contactée. Sans lui demander les raisons de son absence, ils cherchaient simplement à l’édifier et à l’encourager. Ils étaient les seuls à lui témoigner autant de compassion.
De temps à autre, ils l’appelaient pour la fortifier en lui rappelant ces paroles : « Ma fille, Dieu t’aime.
Ne l’abandonne pas. Tu as quelque chose de spécial que personne ne pourra jamais te retirer. »
Ces paroles étaient belles et réconfortantes, mais Élisabeth ne voulait plus les entendre.
Elle avait été contrainte de retourner dans l’église de son père, un endroit qu’elle ne supportait plus. Chaque jour, elle subissait ses remarques et ses réflexions. Il lui rappelait constamment ce qui s’était passé tout en la narguant.
Il avait même commencé à lui imposer des « prières » car, selon lui, elle devait être « délivrée » de tout ce qu’elle avait reçu de négatif pendant les deux années passées dans la deuxième Assemblée.
Élisabeth était vaincue. Elle ne contestait plus, ne répondait plus et se contentait de faire ce qu’on lui demandait.
Choquée et profondément traumatisée, elle n’avait plus aucune force. La jeune femme en était arrivée au point d’accepter tout ce qui se disait sur elle : elle était assurément folle et possédée.
Peu à peu, Élisabeth perdit confiance en elle-même, en Dieu et en les hommes.
Plongée dans une profonde dépression, elle se renferma sur elle-même, sombra littéralement et envisagea même de se séparer de Thomas.
Son état affecta son mental, son moral, son physique, ses relations et même son travail. Finalement, Élisabeth tomba malade.
Les nombreuses accusations portées contre elle laissèrent place à des pensées destructrices qui envahirent progressivement son esprit. Ce qui n’était au départ qu’une souffrance devint peu à peu une emprise qui semblait s’étendre sur tous les aspects de sa vie.
— Merveille Grâce Lutete
Autrice