Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 29

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 29

Partie 29

C’était un vendredi de mai 2018.

Ce soir-là, Elisabeth rentra chez ses parents.

Lorsqu’elle arriva, elle stationna sur le parking supérieur de la résidence. En sortant de sa voiture, elle aperçut son père sur le parking situé en contrebas. Il était seul, accompagné d’une valise et de plusieurs bagages.

Elisabeth comprit qu’il revenait probablement d’un voyage et que quelqu’un venait de le déposer.

Tout naturellement, elle descendit et se dirigea vers lui afin de l’aider.

Lorsqu’il vit sa fille s’approcher, il s’exclama d’une voix forte :

« Ne t’approche surtout pas de moi ! Quitte là ! Va-t’en, mauvaise fille ! »

Elisabeth se stoppa net et murmura :

Mais je vais t’aider…

Cependant, son père ne la laissa pas terminer sa phrase et lui fit un geste brusque de la main pour lui ordonner de partir.

Confuse, Elisabeth regarda rapidement autour d’elle afin de voir si quelqu’un avait assisté à la scène.

Elle fit alors demi-tour, mais pendant qu’elle s’éloignait, son père continua de crier :

«  Elle n’a même pas honte, celle-là ! Je ne veux pas de ton aide et je n’en ai pas besoin. Tu ne toucheras pas à mes affaires, mauvaise fille ! »

Elisabeth était persuadée que quelqu’un avait vu ou entendu la scène.

En entrant dans l’immeuble, elle croisa sa mère qui descendait certainement pour rejoindre son père et l’aider à porter ses bagages.

La porte de l’appartement était légèrement entrouverte. Elisabeth se dirigea rapidement vers sa chambre.

Quelques minutes plus tard, ses parents entrèrent à leur tour. Son père continuait de murmurer des paroles au sujet d’Elisabeth, puis finit par déclarer :

« Elle va s’en aller tout de suite ! Je m’en charge personnellement. »

Le cœur d’Elisabeth se mit à battre à toute vitesse lorsqu’elle entendit les pas de son père se diriger vers sa chambre.

Il poussa brutalement la porte et cria :

« Toi ! Aujourd’hui, tu vas sortir de cette maison. Tu vas retourner d’où tu viens. Je te laisse 10 minutes pour prendre ce que tu as à prendre et partir. Tu ne feras certainement pas ta loi dans cette maison ! »

Il s’en alla, puis revint quelques instants plus tard en ajoutant :

« Dans 10 minutes, si tu n’as pas quitté les lieux, je te mettrai moi-même dehors et je balancerai tes affaires par la fenêtre, sois-en sûre ! »

Sans réfléchir, Elisabeth remit rapidement les chaussures qu’elle venait de retirer et attrapa le sac avec lequel elle venait tout juste de rentrer.

Elle se hâta de sortir de sa chambre.

Dans le couloir menant à la porte d’entrée se tenaient sa mère et son père.

Le regard rempli de détresse, Elisabeth fixa sa mère, espérant désespérément qu’elle intervienne.

Mais celle-ci resta silencieuse.

Son père proféra encore quelques paroles, puis referma violemment la porte derrière la jeune femme.

Ce vendredi de mai 2018, Elisabeth fut mise à la porte par son père.

De son côté, sa mère ne dit pas un mot.

À cet instant précis, la jeune femme se dit intérieurement :

« Ça y est… Il l’a fait. Et je suis seule. »

— Merveille Grâce Lutete

Autrice