La Chronique d'Elisabeth - Partie 24

Partie 24
Un soir, elle rentra du travail.
Elle se rendit dans la cuisine.
Alors qu’elle prenait connaissance de ce qu’il y avait à manger, sa petite sœur entra et lui demanda ce qu’elle faisait là.
Elisabeth ne lui répondit pas.
Cette dernière lui dit que c’était elle qui avait préparé à manger et que ce repas était destiné à ses parents et à elle ; Elisabeth n’avait donc pas le droit d’y toucher. Elle ajouta que si elle avait faim, elle n’avait qu’à se faire à manger elle-même.
Elisabeth l’ignora et attendit qu’elle sorte de la pièce.
Agacée, elle décida qu’elle ne mangerait pas du tout et retourna dans sa chambre.
Ce soir-là, elle prit la décision d’éviter, au maximum, de manger à la maison le soir.
Une autre fois, Elisabeth rentra et, comme son père ne lui avait toujours pas rendu les clés, elle était obligée d’attendre qu’on lui ouvre.
Ce soir-là, il n’y avait que sa petite sœur à la maison.
La benjamine entendait Elisabeth sonner et frapper, mais elle la fit attendre très longtemps avant de se décider à lui ouvrir.
Cette situation se répéta plusieurs fois : Elisabeth attendait sur le palier. Sa patience était mise à rude épreuve. Elisabeth faisait face à de nombreuses persécutions et humiliations qui devenaient une forme d’usure psychologique.
Au sein du foyer, il y avait des tours pour descendre la poubelle.
La benjamine passait ses tours sous prétexte qu’Elisabeth n’était jamais à la maison, ne « faisait rien » et ne « servait à rien ». C’était donc à Elisabeth de descendre les poubelles, que ce soit son tour ou non.
Il arrivait parfois que les vêtements d’Elisabeth, présents dans la machine à laver, soient mis de côté dans un seau et que personne ne les étende, et ce jusqu’à ce qu’elle soit rentrée pour le faire.
Il arrivait même que lorsqu’elle voulait faire tourner une machine, ses vêtements soient retirés et remplacés par d’autres.
Chaque dimanche matin, Elisabeth était obligée de faire des pieds et des mains pour se préparer et se rendre à la 2e Assemblée.
Il arriva plusieurs fois qu’au moment de partir, elle se rende compte que la porte d’entrée était fermée à clé.
Elle devait alors retourner dans sa chambre et attendre que son père sorte pour pouvoir s’en aller.
Certains matins, alors qu’Elisabeth sortait très tôt pour se rendre au travail, elle se rendait compte que les clés n’étaient pas sur la porte et que celle-ci était fermée.
Elle était donc obligée de se rendre dans la chambre de ses parents pour prendre les clés et sortir.
Tout était mis en œuvre pour faire craquer la jeune femme.
Elle partageait tout avec Thomas, et heureusement qu’il était là. C’est auprès de lui qu’elle pouvait se permettre de craquer et de s’extérioriser.
En effet, la situation devenait de plus en plus difficile pour Elisabeth et cela influait progressivement sur son comportement.
Le jeune homme ne supportait pas de la voir souffrir et, parfois, il l’emmenait chez sa grand-mère, qui appréciait beaucoup Elisabeth, plutôt que de la laisser rentrer chez elle.
Un jour, il lui proposa même de venir habiter quelque temps chez ses parents mais, par respect et surtout par crainte, cette dernière refusa.
La mère de Thomas était au courant de ce qu’Elisabeth subissait et l’appelait de temps en temps afin qu’elle puisse passer du temps chez eux.
— Merveille Grâce Lutete
Autrice