Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 23

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 23

Partie 23

Elisabeth savait, au fond d’elle, que ce jour finirait par arriver. Elle savait qu’un jour, son père finirait par la menacer de la chasser.

En vérité, il lui était déjà arrivé à plusieurs reprises de vouloir partir, mais elle en était incapable. Elle n’avait pas le courage de quitter, de son propre gré, le domicile familial. Et puis, cela allait à l’encontre de l’un des vœux qu’elle avait faits à Dieu lors de son baptême, en 2015.

Elisabeth s’en sentait incapable, mais elle ne voulait pas abandonner sa mère, car tout cela se retournerait contre elle aux yeux de la famille élargie.

Le père d’Elisabeth était très malicieux dans sa manière d’agir.

Jusque-là, personne ne savait réellement ce qu’il se passait à l’église comme à la maison…

Elisabeth se taisait et savait que ni sa mère ni ses sœurs ne la soutiendraient si une telle situation venait à se produire, car toutes étaient sous l’emprise du père.

Le compte à rebours était lancé : Elisabeth était menacée.

Malgré cela, elle ne semblait pas déstabilisée. Mais au fond d’elle, elle craignait pour sa vie.

Néanmoins, elle avait placé sa foi et son espérance en Dieu et priait chaque jour pour son père.

Ce dernier se montrait de plus en plus étrange.

Elisabeth éprouvait de la peine pour lui, car il s’attaquait à la mauvaise personne. Elle souhaitait lui donner de l’amour ; elle n’était pas son ennemie.

Cependant, elle voulait voir jusqu’où son père irait, car il semblait ne connaître aucune limite.

Dans l’esprit d’Elisabeth, une chose était certaine : elle ne retournerait plus jamais dans l’assemblée de son père.

Au vu de ce qu’elle percevait et entendait, rien ne semblait pouvoir s’arranger là-bas.

De plus, face à l’attitude de ce dernier, c’était peine perdue. La jeune femme préférait encore être chassée.

Elle n’accepterait jamais le compromis et refusait de participer au mal.

Le père d’Elisabeth savait qu’elle représentait un danger pour lui, car elle était résistante et ferme.

Son degré de résistance l’énervait au plus haut point.

Elisabeth faisait ressortir tout ce qu’il cherchait à enfouir.

Il ne cessait de s’exposer et avait réussi à rallier la benjamine à sa cause.

Quant à la grande sœur d’Elisabeth, elle paraissait neutre et ne prenait pas parti.

Néanmoins, la jeune femme avait du mal à lui faire confiance, car elle semblait naïve et, par ailleurs, très proche de la benjamine.

De son côté, la mère était complètement manipulée par le père.

Elle était changeante, lunatique.

Un jour, elle défendait Elisabeth ; le lendemain, elle la persécutait.

Et lorsqu’elle la persécutait, ses paroles étaient particulièrement dures. Cela blessait profondément Elisabeth.

La cadette ne le supportait pas toujours, et leurs disputes étaient fréquentes.

Les persécutions de son père, elle pouvait les supporter. Mais que sa mère en fasse autant… cela, elle ne pouvait l’endurer.

Il était impératif, pour elle, que sa mère sorte de cet engrenage.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice