Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 21

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 21

Partie 21

Bien évidemment, 00h était passée. Toutefois, sa mère l’avait rassurée en lui disant qu’elle lui ouvrirait la porte.

Elle frappa à la porte et attendit un moment.

Le père d’Elisabeth avait déjà commencé sa prière au salon. Néanmoins, pour lui ouvrir la porte, sa mère devait traverser le salon.

Quelques instants plus tard, sa mère vint lui ouvrir.

Elisabeth entra. Sa mère referma la porte derrière elle et, lorsqu’elle se retourna, le chef de la maison se tenait derrière elle.

La mère fit un geste à Elisabeth pour lui dire d’aller dans sa chambre.

Elle se tint devant la porte d’entrée et son époux, qui avait interrompu sa prière, commença à fortement la gronder.

Il lui criait dessus en lui demandant pourquoi elle s’était permise d’ouvrir la porte à Elisabeth et lui reprochait d’être sans vergogne puisqu’elle avait interrompu sa prière.

Agacée par ses propos, elle s’emporta également et une grosse dispute éclata.

Elle lui dit qu’il exagérait et que la situation devenait insupportable.

Elle lui rappela qu’Elisabeth les avait informés en amont et ajouta que le trafic à Paris n’était pas forcément fluide, et qu’il fallait qu’il cesse constamment de trouver des prétextes pour persécuter Elisabeth.

Ils continuèrent de se disputer devant la porte.

Assurément, les voisins les entendaient.

Elisabeth, culpabilisée, ne s’était même pas dévêtie ni déchaussée.

Elle avait la boule au ventre.

D’autre part, Thomas ne cessait de l’appeler et elle ne pouvait pas décrocher.

Cette situation était réellement inconfortable.

Le père d’Elisabeth termina son algarade en disant à la mère de ses enfants que, de toute façon, « elle était de mèche avec sa fille, que toutes les deux étaient pareilles : mauvaises et contre son ministère, et que Dieu les confondrait ».

Tels furent ses propos.

La maman, très remontée, ne se laissa pas faire cette fois-là.

Ils quittèrent les lieux : la mère retourna dans la chambre et le père retourna à sa prière.

Elisabeth, complètement abattue et paralysée, s’assit sur son lit, porte semi-ouverte.

Elle envoya un message à Thomas en lui disant qu’il pouvait partir, sans lui dire ce qu’il venait de se passer.

Elisabeth ne supportait pas les disputes de ses parents, leurs échanges de paroles, ni l’agressivité que son père avait envers sa mère.

Et ce qu’elle ne supportait pas par-dessus tout, c’est que sa mère prenne pour elle, car tout ceci était injuste.

Une fois l’atmosphère apaisée, elle reçut un message de sa petite sœur, qui était dans sa chambre, de l’autre côté du mur :

« Encore une fois, c’est de ta faute. C’est toujours à cause de toi que Maman s’en prend plein. Y’en a marre, tu déranges, t’as même pas honte. »

Elisabeth ne répliqua pas.

Le cœur rempli de culpabilité, d’amertume et de tristesse, la jeune femme pleura.

Elle qui avait pourtant passé une excellente journée…

Cet événement annonça la couleur de cette nouvelle année, qui s’annonçait sombre pour Elisabeth.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice