La Chronique d'Elisabeth - Partie 20

Partie 20
Nous voici en 2018.
Première semaine de janvier : Elisabeth était en congé.
Le 2 janvier, elle reçut un appel du siège de son entreprise.
On lui demanda, exceptionnellement, de se rendre en urgence à Rennes dès le lendemain afin d’assurer le remplacement d’une collègue malade.
Elle accepta, et aussitôt, deux billets de train lui furent envoyés par mail.
Sans tarder, elle alla informer ses parents, qui se trouvaient au salon.
Sa mère lui demanda pour combien de temps elle partirait et quand elle serait de retour.
Elisabeth lui expliqua qu’il ne s’agissait que d’une journée de remplacement.
Le voyage était prévu pour le lendemain : elle passerait la nuit à l’hôtel, effectuerait sa mission le 4 janvier dans la journée, puis rentrerait le soir même.
Sa mère lui demanda alors à quelle heure arrivait son train du retour.
Elisabeth répondit qu’elle arriverait à Paris-Montparnasse à 23h28.
Sa mère déclara alors :
« Ton père est là, il entend. »
Le paternel, lui, ne répondit pas.
Elle disait cela parce qu’une des règles imposées à la maison était claire : il était interdit de sortir ou de rentrer après minuit.
Elisabeth répliqua à sa mère :
— Je t’envoie les billets sur WhatsApp.
Elle ajouta qu’elle n’y pouvait rien, que ce n’était pas elle qui choisissait les horaires des trains et que c’était l’entreprise qui organisait et prenait en charge tous les frais de déplacement.
Le lendemain, Elisabeth prit donc la route pour Rennes.
Elle arriva à son hôtel, y passa la nuit puis, le 4 janvier au matin, se rendit à son poste.
Une fois sa journée terminée, elle se dirigea directement vers la gare en taxi.
Elle prit rapidement un repas dans un restaurant à proximité avant d’embarquer.
À son arrivée à Paris-Montparnasse, Thomas l’attendait déjà.
Ils quittèrent la gare aux alentours de 23h30-23h35.
Tous deux étaient sous tension, car ils connaissaient parfaitement la règle imposée par son père.
Malgré le fait qu’elle avait prévenu ses parents à l’avance, Elisabeth était très stressée.
Elle savait pertinemment qu’elle n’arriverait pas avant minuit, et cette idée l’angoissait.
Quelques bouchons ralentirent encore davantage leur trajet.
Thomas conduisait nerveusement ; lui aussi était tendu.
Pendant ce temps, Elisabeth échangeait avec sa mère par SMS afin de la rassurer et de lui faire comprendre qu’ils faisaient au plus vite.
Lorsqu’ils arrivèrent enfin en bas de la résidence, Elisabeth s’empressa de monter.
En attendant son feu vert, Thomas resta au pied de l’immeuble.
Si son père acceptait de la laisser rentrer, alors le jeune homme pourrait repartir…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice