La Chronique d'Elisabeth - Partie 2

Elisabeth contacta son père.
Ce dernier ne paraissait pas étonné par la nouvelle.
Sa réaction laissa Elisabeth sans voix et totalement perplexe.
Premièrement, il la gronda parce qu’elle avait contacté la maman des deux jeunes chantres. Selon lui, elle n’avait pas à le faire.
Deuxièmement, il la sermonna parce qu’elle était bouleversée et inquiète.
Il lui déclara qu’elle « ne faisait pas confiance à Dieu et qu’elle courait derrière les hommes ».
Selon lui, si quelqu’un voulait quitter l’église, il en avait parfaitement le droit, et il n’y avait nul besoin de le contacter pour demander des explications.
Troisièmement, il expliqua à Elisabeth que lorsqu’une personne quittait l’assemblée, cela signifiait qu’elle avait probablement de mauvaises intentions envers lui, son ministère et l’église.
Les plans de cette maman auraient donc échoué. Dieu l’aurait sûrement confondue, d’où son départ.
Il lui rappela également qui il était : un Oint et un Choisi.
Rien ne pouvait lui arriver.
Avec ou sans eux, l’église prospérerait et les festivités auraient lieu.
Pour finir, il interdit formellement à Elisabeth de communiquer avec eux.
Il était strictement défendu de garder des relations avec les personnes qui quittaient l’assemblée.
À la fin de cet échange, Elisabeth, confuse et choquée, ne sut quoi dire.
En réalité, elle ne l’avait pas appelé pour entendre ce genre de discours. Elle ne s’attendait absolument pas à une telle réaction.
Elle pensait plutôt qu’il lui expliquerait les raisons d’un départ aussi soudain, car selon elle, aucun problème n’avait été détecté jusqu’à ce jour.
Au contraire, il manifesta une totale insensibilité.
Elle se demanda alors si c’était elle qui avait trop de compassion et d’empathie, ou si c’était plutôt son père qui en manquait cruellement.
Elle demeurait dans le flou, plongée dans une totale incompréhension.
Elisabeth n’aimait pas ce sentiment et en fit part à sa mère.
Après avoir échangé avec elle, Elisabeth prit du recul. En y réfléchissant et en méditant sur la situation, elle réalisa que ce n’était pas la première fois que des membres quittaient l’assemblée de cette manière.
À chaque fois que cela se produisait, le discours du père d’Elisabeth restait le même.
Elle n’y avait simplement jamais prêté attention jusque-là. Elle passait outre.
Mais cette fois-ci, c’était différent.
Cela touchait son groupe, son département, son travail, son harmonie, et tout l’investissement qu’elle y avait consacré.
Tout cela lui semblait profondément injuste, et surtout injustifié.
Elle refusa d’accepter que cette maman et ses enfants étaient les méchants de l’histoire.
— Merveille Grâce Lutete
Autrice