La Chronique d'Elisabeth - Partie 18

Partie 18
En dépit de tout ça, Elisabeth demeurait fidèle à la 2e Assemblée.
Au vu de ce qui se disait sur elle concernant sa relation avec Thomas, elle s’était mise en retrait.
Elle décida de faire abstraction des agissements des pasteurs et des murmures autour d’elle afin de se protéger.
Cela n’était pas toujours évident…
Ils ne faisaient pourtant rien de mal, rien de condamnable.
Elle ne comprenait pas pourquoi on lui causait autant de tort.
Elle décida de se concentrer sur les raisons qui l’avaient poussée à rejoindre cette assemblée.
Elle ne voulait pas forcément se mettre en porte-à-faux avec eux, car elle avait déjà de nombreux problèmes chez elle.
Au sein du foyer familial, la situation restait inchangée.
Elisabeth était perçue comme une visiteuse.
Néanmoins, selon les conseils de son pasteur, Elisabeth tenta tout de même plusieurs approches vers son père.
Ce dernier était intransigeant : Elisabeth devait revenir à l’église, sinon rien.
Elle tentait de provoquer différentes situations dans le but d’avoir une conversation avec lui, mais il ne voulait rien entendre.
Il affirmait qu’il n’avait rien à lui dire et qu’il ne parlerait pas avec elle.
C’était comme ça et pas autrement.
Elisabeth était désemparée…
De temps en temps, elle parvenait à échanger avec sa grande sœur.
C’était la seule qui pouvait encore porter de l’attention à la jeune femme.
Étant donné qu’elle ne vivait plus au sein du foyer familial, elle ne participait pas aux coups bas faits contre Elisabeth.
Le père d’Elisabeth lui ayant retiré ses clés, elle se devait désormais de sonner lorsqu’elle rentrait.
Elle pouvait rester de longues minutes avant que l’on vienne lui ouvrir.
C’était toujours sa mère ou sa petite sœur qui lui ouvraient la porte.
Jamais son père. D’ailleurs, les rares fois où c’était le cas, c’était uniquement parce qu’il avait quelques mots à lui dire…
Le dimanche, elle devait attendre que quelqu’un rentre afin de pouvoir entrer à son tour car, bien évidemment, elle n’avait plus les clés.
Elisabeth supportait.
Elle supportait…
En juillet 2017, pour l’anniversaire de son père, Elisabeth lui offrit une séance de détente et de relaxation.
À sa grande surprise, son père sembla heureux de cette attention et elle lui proposa de l’y emmener.
C’était stratégique : elle pourrait enfin avoir un moment seule avec lui.
Arrivés sur les lieux, il ne semblait pas serein.
Lorsqu’il vit l’endroit, il se braqua immédiatement et dit à Elisabeth qu’il ressentait dans son esprit que ce lieu n’était pas « sain ».
Brusquement, il décida de quitter les lieux.
Elisabeth accourut derrière lui pour tenter de le rattraper, mais il se mit à lui crier violemment dessus en pleine rue.
Il finit par lui dire qu’elle essayait de lui tendre un piège dans le but de l’envoûter et qu’elle n’était qu’une sorcière.
Après cela, il lui ordonna de monter dans la voiture.
Aussitôt, il contacta son épouse afin de lui raconter qu’Elisabeth avait tenté de l’envoûter à travers ce cadeau.
Il demanda ensuite à la jeune femme de le ramener rapidement à leur domicile.
Pendant tout le trajet, il ne fit que l’injurier et la sermonner :
« Tu ne pourras rien contre moi. Qui t’envoie ?
C’est ton pasteur ? Tu vois comment Dieu est avec moi ?
Tu es découverte et mise à nu.
Tu ne perds rien pour attendre.
Sorcière, trompeuse, mauvaise.
Je ne sais pas pourquoi je te laisse encore dans ma maison.
Tu mérites que je te mette dehors.
Le mal est en toi… »
Au volant, Elisabeth subissait tout cet acharnement de la part de son père…
Arrivés sur le parking de la résidence, il lui dit de ne plus jamais rien lui offrir et qu’il ne voulait plus rien recevoir d’elle.
Il lui recommanda également de revenir à l’église car, selon lui, elle avait besoin d’une délivrance.
Abattue et choquée par de tels propos, la jeune femme resta dans sa voiture et pleura en sanglots.
Tout ce que son père venait de lui dire était difficile à entendre.
Sur un coup de tête, elle décida d’appeler sa grande sœur.
Elle avait besoin de se convaincre qu’elle n’était pas folle : son père avait un réel problème.
Elle ressentait le besoin de parler à quelqu’un de familier.
Il fallait qu’elle raconte à sa sœur ce que leur père venait de lui faire subir, alors que tout cela partait pourtant d’une bonne intention…
Elle n’osait pas monter chez elle et resta dans sa voiture une grande partie de la journée…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice