Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 15

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 15

Partie 15

Elisabeth était désormais officiellement membre de la 2e Assemblée.

Elle participait aux différents programmes de la semaine et avait même intégré les cours de fondement, auxquels elle se rendait chaque vendredi après le travail.

Ces soirées lui faisaient du bien, notamment parce qu’elles la faisaient rentrer tard chez elle.

Moins elle croisait les membres du foyer, mieux elle se portait.

Plus elle retardait le moment de rentrer, plus elle se sentait en sécurité.

Très souvent, Elisabeth était la dernière à quitter son lieu de travail.

Elle baissait les stores, s’enfermait à l’intérieur, mangeait sur place, se reposait et laissait simplement le temps passer avant de reprendre la route.

Il arrivait parfois que Justine, la femme de ménage, la surprenne encore au cabinet.

C’est ainsi que les deux femmes commencèrent à échanger.

Justine était une mère de famille originaire d’Europe de l’Ouest.

Sa présence apportait beaucoup de réconfort à Elisabeth.

Jamais elle ne rapporta à la direction qu’Elisabeth restait parfois après les heures de travail.

D’autres soirs, Elisabeth prenait la route, allait manger à l’extérieur puis restait longtemps dans sa voiture à discuter au téléphone avec une amie.

Parfois aussi, Thomas venait la rejoindre et ils passaient quelques heures ensemble avant qu’elle ne rentre finalement chez elle.

Tous les moyens étaient devenus bons pour éviter de retourner directement au foyer familial, devenu pour elle un véritable champ de bataille.

Elle devait se protéger.

Protéger son cœur, préserver son moral et surtout protéger ses oreilles.

Malgré tout, Elisabeth avait la chance d’avoir un bon travail, un poste stable, des patrons respectueux, de bons collègues ainsi qu’un salaire confortable.

Grâce à cela, elle avait pu voyager, acheter sa voiture et, vivant encore chez ses parents, mettre de l’argent de côté.

Son père, conscient de la situation financière avantageuse de sa fille, trouva alors un nouveau moyen de pression.

En effet, Elisabeth avait toujours été fidèle concernant ses dîmes.

Mais depuis qu’elle ne fréquentait plus son assemblée, ses enveloppes mensuelles manquaient.

Il commença alors à la harceler à ce sujet :

« Même si tu as décidé de ne plus venir à l’église, tu as intérêt à continuer à donner ta dîme chaque mois. N’oublie pas que tout ce que tu es et tout ce que tu as, c’est grâce à moi.

Il est hors de question qu’une autre assemblée bénéficie de cela. »

Tels étaient les propos du père d’Elisabeth.

Afin d’obtenir un semblant de paix, Elisabeth finit par accepter de se rendre une fois par mois à son ancienne assemblée, après le culte de la 2e Assemblée, simplement pour y déposer son enveloppe.

Elle continua ainsi pendant plusieurs mois…

Jusqu’en 2018.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice