Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 13

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 13

Partie 13

Après le week-end apaisant qu’Elisabeth avait passé, elle rentra chez elle.

À son arrivée, elle ne trouva personne : sa famille était encore à l’église.

Lorsque son père rentra, la première chose qu’il fit fut de se diriger vers la chambre de sa fille. Furieux, il se mit à hurler sur elle, lui adressant des paroles dures et menaçantes.

Puis, il lui ordonna de le suivre au salon. Devant sa mère, son beau-frère et ses sœurs, il réitéra son ultimatum.

Elisabeth devait acquiescer.

Mais elle ne le fit pas.

Il insista, encore et encore. La jeune femme, tête baissée, resta silencieuse. Elle ne pouvait pas se résoudre à promettre ce qu’on lui imposait.

Alors, son père déclara qu’ils allaient tous sortir manger au restaurant… sauf elle.

Selon ses propres mots, elle était « une traîtresse » qui avait « trouvé une nouvelle famille ».

Tous assistèrent à la scène. Personne n’intervint.

À chaque fois, la dignité d’Elisabeth était profondément atteinte. Pourtant, elle faisait preuve d’une résilience remarquable, encaissant sans répondre.

Avant de partir, son père lui demanda de lui remettre ses clés.

Il l’enferma ainsi seule dans la maison, puis ils s’en allèrent.

Le silence retomba, lourd et pesant.

Les insultes, les menaces, les paroles blessantes résonnaient encore dans son esprit. Elles tournaient en boucle, sans répit.

Peu à peu, le traumatisme s’installait.

Les nuits devenaient difficiles.

Elisabeth n’arrivait plus à dormir.

Son père, de son côté, montait ses sœurs contre elle.

Il affirmait qu’elle était envoûtée, que l’église qu’elle fréquentait était une « église de sorciers », et que la sorcellerie avait pris le dessus sur elle.

Ces accusations étaient absurdes.

Mais elles faisaient leur chemin.

Le père était profondément en colère, car Elisabeth avait ouvert les yeux.

Il avait le sentiment de l’avoir perdue.

Et cela, il ne pouvait pas l’accepter.

C’est à travers des vidéos et des photos publiées par sa petite sœur sur les réseaux sociaux, montrant une famille souriante, attablée dans un restaurant, semblant parfaitement heureuse qu’Elisabeth comprit une chose douloureuse :

Aucun d’eux ne mesurait ce qu’ils étaient en train de semer dans le cœur de la jeune femme.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice