Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Partie 1

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La Chronique d'Elisabeth - Partie 1

Tout commença en 2015.

Comme chaque année au mois de septembre, les fidèles se préparaient aux festivités de l’anniversaire de l’église.

À cette époque, Elisabeth vivait dans une résidence étudiante.

Elle avait quitté le foyer familial dans le but de se rapprocher de son école et de son entreprise, qui se trouvaient plutôt loin de son domicile.

À l’occasion du énième anniversaire de l’église, Elisabeth avait soigneusement préparé son groupe de chorale.

Des répétitions avaient été organisées et un répertoire de chansons avait été choisi avec soin.

Mais cette année, c’était différent : Elisabeth avait planifié de mettre en avant ceux qui avaient tendance à rester uniquement dans les chœurs.

Chacun avait pris le temps d’apprendre ses leads.

La coordination était parfaite.

Vivant loin du domicile familial, Elisabeth était livrée à elle-même et disposait de beaucoup plus de liberté.

Elle prenait des cours de piano, s’entraînait tranquillement dans sa chambre étudiante, composait et posait sa voix sur ses propres notes.

Elle se sentait libre.

Libre de pouvoir écouter des prédications et des enseignements sur YouTube, cela étant interdit chez son père.

En parallèle, Elisabeth était membre d’un groupe de gospel depuis 2012.

C’est grâce à ce groupe musical qu’elle apprit beaucoup, élargit ses connaissances et développa son savoir.

De plus, le fait d’œuvrer à l’extérieur lui permettait de créer des connexions et de faire de nouvelles rencontres.

En réalité, son projet était de se lancer dans la musique et de faire carrière en solo.

Son objectif était d’être formée à l’extérieur pour, à son tour, former les autres et ne plus être seulement mise en avant.

Il lui arrivait parfois de sécher certains samedis ou d’arriver en retard aux répétitions.

Cela n’était bien évidemment pas correct, mais parfois elle en ressentait le besoin.

Ce fameux samedi, à deux semaines de l’anniversaire de l’église, Elisabeth rentrait de répétition.

Ce jour-là, deux membres de la chorale avaient été absents et n’avaient pas prévenu.

Elle décida alors de les contacter.

Elle put échanger avec eux, mais ces derniers paraissaient froids.

Intriguée, Elisabeth insista dans la conversation et l’un d’eux lui fit comprendre qu’ils ne viendraient plus à l’église.

Elle ne comprit pas ce changement soudain et pensa d’abord qu’il s’agissait d’une blague.

Elle leur rappela alors que les festivités avaient lieu dans les deux semaines à venir.

Mais cette annonce ne semblait pas être une plaisanterie.

Selon leurs dires, leur maman était « très fâchée » et avait pris la décision que ni elle ni ses enfants ne retourneraient à l’église.

Choquée et dans l’incompréhension totale de ce qui se passait, la responsable de chorale appela donc la maman en question.

Après avoir échangé avec elle, Elisabeth comprit que la décision était sans appel : elle venait de perdre deux membres de la chorale.

La maman, d’une voix sage mais ferme, ne lui donna pas les raisons de sa décision.

Elle lui dit simplement de continuer son œuvre telle qu’elle le faisait et précisa qu’il s’agissait de « problèmes d’adultes ».

Elisabeth remarqua que son interlocutrice semblait navrée et expéditive au téléphone.

Elle demanda néanmoins à la maman de lui accorder une faveur : laisser au moins les enfants venir aux dernières répétitions pour l’événement.

Mais celle-ci refusa catégoriquement, en précisant qu’ils auraient même dû partir depuis longtemps et qu’elle avait déjà été patiente.

L’échange terminé, Elisabeth se mit à pleurer.

Cela lui faisait mal.

Elle était dans une incompréhension totale.

En effet, elle portait un grand intérêt à son groupe et affectionnait ses coéquipiers de service.

Au fil du temps, ils s’étaient attachés les uns aux autres.

Elle comprit alors que si elle ne réagissait pas, l’anniversaire de l’église ne se passerait pas comme prévu.

Ses coéquipiers et elle s’étaient énormément investis dans la préparation.

Affectée, elle paniqua.

C’est alors qu’elle décida de contacter son père pour lui faire part de cette nouvelle.

Assurément, il était en capacité de rectifier le tir.

Assurément, il pourrait l’éclairer sur ce qu’il se passait…

— Merveille Grâce Lutete

Autrice