Réflexions

La Chronique d'Elisabeth - Contexte

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La Chronique d'Elisabeth - Contexte

Mais qui est donc Élisabeth ?

Élisabeth représente la voisine de palier, la collègue de travail ou encore la jeune femme que l’on croise chaque matin dans le bus.

Élisabeth peut aussi être une sœur, une demi-sœur, une cousine éloignée.

Élisabeth, c’est toi.

Élisabeth, c’est moi.

Élisabeth, c’est simplement nous.

C’est cette jeune femme qui vit sa vie avec une certaine insouciance.

Comme toi, elle a des rêves, des passions, des loisirs, des projets, des objectifs et des amis.

Elle vit dans un foyer plus ou moins stable, composé de ses parents et de ses sœurs.

Elle aime et chérit profondément cette famille que Dieu lui a donnée.

Les valeurs et les principes chrétiens ont été les fondements de son éducation.

D’ailleurs, elle a grandi dans l’église.

Son père, musicien passionné, s’est ensuite consacré au ministère pastoral.

Élisabeth est particulièrement très proche de son père.

C’est une véritable fille à papa, et personne ne peut dire le contraire.

Son papa cède à tous ses caprices et ne lui refuse presque rien.

Ils entretiennent une relation fusionnelle.

De plus, ils partagent une passion commune : la musique.

Bien sûr, comme tout être humain, chacun possède ses qualités et ses défauts.

Cependant, bien que ce père soit rempli d’affection et d’attention, il possède une particularité : il est très autoritaire.

Il aime se faire entendre.

Il aime qu’on lui obéisse.

Ce qu’il dit n’est pas discutable.

C’est ainsi, et pas autrement.

Cette autorité excessive finira par entacher la belle relation qu’entretient Élisabeth avec son père… et par créer un véritable chaos familial.

Élisabeth va énormément en pâtir.

Elle sera alors contrainte de faire un choix…

Un choix qui lui coûtera très cher.

Élisabeth était la seule des enfants à servir aux côtés de son père.

Au début, elle œuvrait à l’école du dimanche. Puis, avec le temps, elle devint responsable de la chorale.

Elle consacrait une grande partie de son temps à l’église. Non seulement parce qu’elle y servait, mais aussi parce qu’en tant qu’enfant de pasteur, sa présence était exigée à chaque programme : chaque réunion, chaque culte, chaque veillée, chaque retraite, chaque 31 décembre.

Aucune absence n’était tolérée par son père.

C’était une règle difficile pour elle et pour ses sœurs, car elles ne jouissaient pas des mêmes libertés que les jeunes de leur âge. Une situation qui pouvait s’avérer particulièrement frustrante.

Élisabeth se rendait donc à chaque programme de l’église, non par réelle volonté, mais la plupart du temps par obligation.

Pourtant, au fond d’elle, elle aimait servir. Mais un service imposé n’est jamais des plus agréables. Mais, elle obéissait.

Toute absence ou tout retard devait être justifié. Si Élisabeth ou l’une de ses sœurs venait à manquer une réunion, elles étaient sévèrement réprimandées.

C’était d’abord l’église avant toute autre chose.

Dieu en premier.

Dieu à tout prix.

De son côté, le père d’Élisabeth aimait la voir servir. Il était fier d’elle et ne manquait pas de le proclamer haut et fort.

Il lui arrivait même de le faire savoir à l’assemblée durant les cultes.

Inconsciemment, cela créait non seulement un malaise dans le cœur de l’enfant prodige, mais aussi dans celui de ses sœurs.

Il plaçait Élisabeth sur un piédestal, aussi bien à l’église qu’à la maison.

Malgré cela, Élisabeth profitait volontiers des avantages et des privilèges que lui accordait son père, sans vraiment prêter attention à l’état d’âme de ses sœurs.

La relation qu’elle entretenait avec chacune d’elles était d’ailleurs assez conflictuelle.

En particulier avec celle qui venait juste après elle : la benjamine.

Au départ, dans le foyer familial, personne n’y prêtait vraiment attention.

Elles étaient encore jeunes et, comme dans beaucoup de familles composées principalement de filles, les chamailleries ne manquaient pas.

Mais avec le temps, ces disputes finirent par prendre une tout autre ampleur.

Et c’est la mère qui en pâtira…

Accablée par les tensions, les mésententes et les discordes qui grandissaient peu à peu entre ses filles.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice