Témoignages

CHRONIQUE 42 jours en réanimation - jour 27

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CHRONIQUE 42 jours en réanimation - jour 27

JOUR 27

Lundi 27 septembre 2021

Ce jour-là, j’arrivai à l’hôpital à 17 h.

Je faisais en sorte d’arriver de plus en plus tôt, parce que ma mère ne supportait plus mes arrivées tardives.

Quelques jours auparavant, j’étais arrivée à l’hôpital aux alentours de 20 h.

Le trafic était très lent, il y avait d’énormes bouchons.

J’appelai alors à l’accueil du service de réanimation afin de prévenir de mon retard, pour qu’ils puissent en informer ma mère.

Plus tard, ma mère me dira qu’ils ne l’en avaient pas informée.

Dès que je fis mon entrée dans le box, ma mère me regarda et se mit à pleurer.

Je lui demandai pourquoi elle pleurait.

Toute paniquée, elle me dit qu’elle m’avait attendue toute la journée et qu’elle pensait que je ne viendrais pas.

Je lui posai alors une question :

« Est-ce que tu trouves que j’arrive trop tard ? »

Elle hocha la tête en continuant de pleurer.

Peinée, je la pris dans mes bras et m’excusai d’arriver si tard.

Je tentais de la rassurer en lui disant de ne jamais penser que je ne viendrais pas la voir.

Je me mis à lui expliquer qu’avec le travail, c’était compliqué d’arriver plus tôt, même lorsque j’étais en télétravail.

Et que lorsque j’étais en présentiel, il y avait d’énormes bouchons.

Elle me confia alors que ça devenait très dur pour elle d’être seule,

la nuit comme le jour,

et qu’elle passait ses journées à attendre mon arrivée…

Après cela, je décidai, quelques jours plus tard, d’arrêter de travailler et de retourner chez Magalie afin de me rapprocher de l’hôpital.

Ainsi, je serais entièrement concentrée sur elle.

Ma mère était sur le fauteuil depuis 15 h.

Elle avait fait une très grosse séance.

J’étais stupéfaite.

Elle me raconta qu’elle avait bien dormi et qu’elle n’avait pas fait de détresse pendant la nuit.

Je rendis grâce à Dieu pour cela.

Elle respirait sans machine, toujours avec la trachéotomie à la gorge.

Néanmoins, les séances de fauteuil l’épuisaient énormément.

C’était assez difficile pour elle d’enchaîner les séances de kinésithérapie puis le fauteuil.

Je lui demandai alors pourquoi elle forçait autant.

Elle me répondit qu’elle ressentait le besoin de « se surpasser ».

Avec les différents traitements, les intubations et les perfusions, elle avait des hématomes sur les membres inférieurs et supérieurs,

d’où le fait qu’elle voulait souvent être massée.

Elle commençait à bien uriner et à refaire des selles normalement.

Ses hématomes diminuaient, et le liquide qu’elle avait accumulé dans le corps commençait à se résorber.

C’est ainsi qu’elle commença à retrouver son état corporel normal.

À son entrée à l’hôpital, ma mère pesait 67 kilos.

Lorsqu’on la voyait, on constatait qu’elle avait beaucoup maigri et perdu énormément de muscles.

Cela ne me plaisait pas du tout de voir qu’elle perdait autant de poids et qu’elle s’épuisait davantage au fauteuil de cette manière.

(Ma mère décédera avec 38 kilos…)

Après sa séance, elle eut son temps de prière avec Ya Théo.

Puis je lui mis de la musique dans le but de l’apaiser.

Aux alentours de 18 h 30, on me fit sortir afin qu’ils puissent la remettre au lit.

J’attendis en salle d’attente environ 25 minutes, puis une infirmière vint me chercher et m’informa que le repas de ma mère était servi.

Je l’aidai à manger.

Le repas du soir était l’un de mes moments préférés.

Je restai avec elle jusqu’à ce qu’elle termine.

Une infirmière vint récupérer son plateau, puis je m’en allai.

Elle était très, très épuisée,

car elle avait fourni des efforts au-delà de ses capacités.

Néanmoins, ma mère était une vraie warrior.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice