CHRONIQUE 42 jours en réanimation - jour 26

JOUR 26
Dimanche 26 septembre 2021
Après le culte, j’arrivai à l’hôpital à 13h53.
Ce jour-là, je me sentais très fatiguée.
Je n’avais pas beaucoup dormi. À vrai dire, je ne dormais quasiment plus.
Physiquement, ça n’allait pas non plus.
Mais je ne pouvais ni le dire, ni le montrer.
À mon arrivée, le ballonnet de la trachéotomie était ouvert et faisait énormément de bruit.
Maman était très mal à l’aise et respirait très fort, encombrée par les sécrétions.
Elle était très calme et peu bavarde.
Je compris alors que quelque chose n’allait pas.
La veille, on lui avait fait plusieurs radios afin de vérifier s’il n’y avait pas de nouveaux germes ou de bactéries aux poumons.
Ils ne trouvèrent rien.
Nous eûmes un moment de prière avec Ya Théo, le petit frère du pasteur.
Avant de commencer à prier, il avait l’habitude de l’exhorter.
Pendant ces moments, elle était très concentrée.
Ma mère aimait beaucoup ce temps d’exhortation.
Il lui parlait, l’encourageait.
C’était gratifiant pour elle.
Quelque temps après, en ma présence, elle fit une détresse respiratoire.
C’était la première fois que j’en voyais une.
C’était effrayant.
Les sécrétions, qui formaient des bouchons dans ses poumons, étaient très difficiles à supporter.
J’appuyai alors sur le bouton d’urgence, mais les infirmiers mirent du temps à arriver.
Elle avait chaud, elle était toute rouge, toussait et crachait beaucoup.
Comme ils n’arrivaient toujours pas, je me mis à leur recherche pour qu’ils puissent venir la dégager.
Leticia et deux autres infirmières arrivèrent et me dirent de sortir.
Leticia m’expliqua qu’elle ne voulait pas que je sois confrontée à cela, car ce n’était pas quelque chose de facile à voir.
Je sortis alors du box, totalement paniquée.
Lorsqu’elles eurent terminé, je retournai dans le box.
Je vis alors que ma mère était rebranchée au respirateur.
Décidément, ce parcours était long et rude.
Les crises, imprévisibles et aléatoires, m’effrayaient énormément.
Ma mère était épuisée.
J’étais bouche bée.
Je restai encore un petit moment avec elle.
Aux alentours de 17h00, je décidai de m’en aller, car cela faisait plus de trois heures que j’étais là.
J’étais très mal à l’aise à l’idée de devoir partir, mais je ne me sentais pas bien du tout.
Avec ce que je venais de vivre, j’étais totalement abattue…
— Merveille Grâce Lutete
Autrice