Témoignages

CHRONIQUE 42 jours en réanimation - jour 14

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CHRONIQUE 42 jours en réanimation - jour 14

JOUR 14

Mardi 14 septembre 2021, 19h40

Je me rends à l’hôpital directement après le travail.

Ma mère était assise sur le lit, ses lunettes sur le nez, et écoutait de la musique avec son téléphone.

Elle était à 35 % d’apport d’oxygène et était toujours intubée.

Le rituel d’arrivée était le même : bisous, prière, petite toilette si besoin, puis je regardais son corps pour vérifier qu’il n’y avait rien d’anormal.

Puis venaient les questions fondamentales :

Comment tu vas ?

Comment tu te sens ?

Comment s’est passée la nuit ?

Et la matinée ?

Qu’est-ce qu’ils t’ont dit de nouveau ?

De quoi as-tu besoin que je fasse pour toi aujourd’hui ?

Ma mère se mit à pleurer.

Elle était anxieuse, agacée, fatiguée et elle avait mal.

À cause de son infection aux poumons, elle crachait énormément. Elle avait un tube qui passait par sa trachée, ce qui la gênait beaucoup.

J’appelai alors une infirmière afin qu’elle puisse venir aspirer les sécrétions et la soulager.

Lorsque ma mère toussait, elle avait des reflux de sécrétions et, puisqu’elle était branchée à la machine, cela produisait un bruit assourdissant qui résonnait dans tout le box.

Ce bruit était si désagréable…

À la fois pour elle, mais également pour moi.

Cela l’énervait davantage et la faisait énormément pleurer.

Je ne supportais plus de la voir dans cet état.

Mon cœur battait, mes intestins se nouaient…

Je n’avais qu’une envie : prendre sa place.

Je voulais simplement que tout cela puisse s’arrêter sur-le-champ.

Je souffrais tellement… et elle plus encore.

Elle gémissait de douleur.

Puisque elle ne pouvait pas parler, je comprenais que cela venait de son doigt.

J’eus alors une idée.

Elle me réclamait souvent mon neveu, son petit-fils (et c’était réciproque).

J’appelai donc ma sœur en FaceTime afin qu’elle puisse le voir.

Lorsqu’elle vit son petit-fils, lui, innocemment, se réjouit et se mit à lui parler, tandis que ma mère souriait simplement.

Puis… elle fondit de nouveau en larmes.

Je finis par raccrocher le téléphone, car mon neveu, âgé de trois ans à ce moment-là, ne comprenait pas pourquoi sa mamie pleurait et posait énormément de questions.

Finalement, ma mère et moi avons échangé :

moi à haute voix, et elle en écrivant sur son ardoise.

Ce soir-là, je suis restée longtemps à ses côtés.

Je commençais vraiment à partir de plus en plus tard, et cela m’était accordé car ma mère allait très mal.

Afin de tenter de l’apaiser, je lui massais les pieds, les mollets, les mains, les cheveux, le crâne…

21h20, je m’en allai.

— Merveille Grâce Lutete

Autrice